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Le blog du MARGOUILLAT

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Articles avec #rallye des iles du soleil

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Journal de Bord volume 7bis : Cap Vert – Repère Historique

Premiers explorateurs :

La date exacte à laquelle accosta le premier bateau portugais n’est pas connue. Ils décrivirent alors l’archipel comme étant inhabité. Cependant, vu le régime des vents et courants dominants de la région, il n’est pas exclu que des pêcheurs maures, wolofs, sérères ou encore Lébous y aient débarqué. Selon certains récits, des Arabes ou des Phéniciens auraient visité l’archipel plusieurs siècles avant les Européens. L’explorateur portugais Jaime Cortesão rapporte une histoire selon laquelle les Arabes ont visité une île, qu’ils nomment «Aulil» ou «Ulil», où ils récoltèrent du sel dans des marais salants naturels. Il pourrait s’agir de l’île de Sal. Selon une théorie récente de Gavin Menzies, l’explorateur chinois Zheng He aurait atteint le Cap-Vert en 1420.

En 1456, l’explorateur portugais Alvise Cadamosto découvrit quelques îles du Cap-Vert, puis Diogo Dias et Antonio Noli, capitaines au service d’Henri le Navigateur, découvrirent le reste de l’archipel les années suivantes. Ribeira Grande, première ville européenne permanente sous les tropiques, qui porte actuellement le nom de Cidade Velha, fut fondée en 1462. Les îles – du moins les îles montagneuses – étaient alors couvertes de végétation.

Les portugais importèrent rapidement des esclaves depuis la côte ouest du continent. Situé sur les grandes voies commerciales entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques, l’archipel s’enrichit grâce au commerce triangulaire au cours du XVIe siècle. Cette prospérité attira les convoitises de nombreux pirates, dont Francis Drake qui saccagea Ribeira Grande en 1582 et 1585. La ville déclina après une attaque française en 1712 et Praia devint la nouvelle capitale.

Déclin

La première sécheresse frappa le Cap-Vert en 1747 – par la suite, le pays en connaîtra une tous les cinq ans en moyenne. La déforestation et les cultures intensives empirèrent la situation en détruisant la végétation qui procurait de l’humidité. Au cours du XVIIIe puis du XIXe siècle, trois grandes sécheresses provoquèrent plus de 100 000 morts. Le gouvernement portugais n’envoya presque aucune aide pendant ces famines. A la fin du XVIIIe siècle, João da Silva Feijó est envoyé en mission au Cap-Vert pour évaluer la possibilité d'exploiter des minéraux tels que salpêtre et soufre mais sans succès.

Au XIXe siècle, l’abolition de l’esclavage porta un coup durable à l’économie capverdienne. C’est à cette époque que débuta la première vague d’émigration vers les États-Unis.

À partir de 1810, les baleiniers venus du Massachusetts et de Rhode Island recrutaient des matelots sur les îles de Brava et de Fogo.

À la fin du XIXe siècle, l’ouverture des lignes transatlantiques fut l’occasion d’une embellie économique, Mindelo devenant une escale privilégiée de ravitaillement en fuel, eau et vivres. L’archipel continua cependant à souffrir de fréquentes sécheresses et famines qui firent des milliers de victimes au cours de la première moitié du XXe siècle. Après la Seconde Guerre mondiale, Mindelo cessa d’être une escale commerciale et le pays replongea dans la misère.

Nationalisme et indépendance :

Les capverdiens ont bénéficié de la part des colons d’un traitement relativement meilleurs que les autres peuples colonisés par le Portugal, grâce à leur peau plus claire. Une petite minorité eut accès aux études et le Cap-Vert fut la première colonie portugaise à être dotée d’un lycée. Au jour de l’indépendance, un quart de la population était alphabétisée, contre 5% en Guinée-Bissau.

Amílcar Cabral et d’autres pan-africanistes fondèrent le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) en 1956. Pour la dictature portugaise d’Antonio Salazar, il était hors de question de suivre le mouvement amorcé par la France et la Grande-Bretagne et d’accorder l’indépendance de ses colonies (nommées «territoires d’outre-mer» depuis 1951). Alors que la plupart des pays africains obtinrent l’indépendance entre 1957 et 1964, les peuples du Cap-Vert et de Guinnée-Bissau menèrent l’une des plus longues guerres de libération du continent.

Au cours des trois premières années de son existence, le PAIGC ne fit guère de vagues et prépara ses ressources militaires. Sa première grande action fut l’incitation à la grève des dockers du port de Bissau le 3 août 1959. La police coloniale interdit la grève et ouvrit le feu sur les grévistes, tuant plus de 50 personnes. Cet événement fut le premier d’une guerre de treize ans, au cours de laquelle 10 000 soldats du PAIGC, soutenu par l’Union soviétique, combattirent les 35 000 soldats, portugais et africains, des troupes portugaises.

La chute du régime de Salazar en avril 1974 fut l’occasion de troubles accrus au Cap-Vert et le nouveau gouvernement portugais entame des négociations avec le PAIGC. L’indépendance fut acquise le 5 juillet 1975.

Après l’indépendance :

Après un coup d’État en novembre 1980 en Guinée-Bissau (qui avait obtenu son indépendance en 1974, les relations entre les deux pays se dégradèrent. Le Cap-Vert abandonna son espoir d’unité avec la Guinée-Bissau et fonda le Parti africain pour l'indépendance du Cap-Vert (PAICV). Le PAICV instaura un régime communiste à parti unique, qui dura jusqu’en 1990.

Pour répondre à des pressions croissantes réclamant davantage d’ouverture politique, le PAICV convoqua un congrès d’urgence en février 1990 pour discuter de l’instauration du multipartisme. Les groupes d’opposition fondèrent le Mouvement pour la démocratie (MPD) à Praia en avril de la même année. Le monopartisme fut aboli le 28 septembre 1990 et les premières élections multipartites organisées en janvier 1991. Le MPD remporta les présidentielles avec 73,5 % des suffrages, ainsi que la majorité des sièges de l’Assemblée nationale. Antonio Mascarenhas Monteiro succéda à Aristides Pereira à la présidence. Les élections législatives de décembre 1995 augmentèrent la majorité du MPD à l’Assemblée, avec 50 sièges sur 72. Monteiro fut reconduit président par les élections de février 1996. Les observateurs nationaux et internationaux ont qualifiées les élections de 1995 et 1996 de libres et transparentes.

En 2001, Pedro Pires fut élu président contre Carlos Veiga, avec une majorité de 12 voix seulement. Tous deux avaient exercé la charge de premier ministre, Pires sous le régime du PAICV et Veiga pendant la présidence de Monteiro.

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Journal de Bord volume 9 : Salvador da Bahia 

 

Salvador est une ville du Brésil capitale de l'État de Bahia.

 

 

Elle est située sur une péninsule au bord de l'océan Atlantique au nord-est du pays. Elle comptait 2 714 119 habitants en 2006 (plus de 3 200 000 pour l'agglomération la même année).

Sa dénomination exacte est São Salvador da Bahia de Todos os Santos, « Saint Sauveur de la Baie de Tous les Saints ». Elle est située au bord de la baie du même nom. C'est le port principal de la région Recôncavo Baiano. Il y a environ deux heures d'avion entre Salvador et São Paulo.

Bahia la Noire, le plus beau fleuron du Brésil colonial, grandit, se transforme, se modernise. Sans pour autant perdre son âme : le charme et les rythmes qui l'ont rendue célèbre.

 

Jeudi 19 décembre : d’un commun accord avec Elizabeth et Jean-Louis nous avons pris la décision de ne pas continuer cette aventure maritime et humaine, nous rentrerons définitivement en France. Nous leurs sommes très reconnaissants de nous avoir permis d’effectuer cette navigation de 3 mois sur les côtes africaines puis de rallier le Brésil. Nous avions peut être sur estimé notre capacité à vivre ensemble à 4 dans un espace aussi réduit. Françoise aussi a été formidable de m’accompagner dans cette expérience alors qu’elle avait une certaine appréhension devant la longueur de cette absence.

Après quelques rangements et nettoyages, nous allons à la découverte de Salvador en prenant l’ascenseur Lacerda qui nous monte dans la ville haute, et sommes tout de suite fascinés par cette ville d’une grande richesse par ces bâtiments de styles coloniaux et ses habitants en majorités noirs. Nous retenons une chambre dans une pousada « villa Carmo » tenu par un Italien Gian-Luca marié avec une Brésilienne Anna Luz, à l’extremité du Pelourinho dans une petite rue calme. Cette ancienne maison est arrangée avec beaucoup de goût et des meubles anciens campagnards Portugais. Il n’y a malheureusement plus de chambre avec vue sur la mer, mais le petit déjeuner est pris sur la terrasse. Les différentes places qui composent le centre historique sont très animées, petits orchestres de rue, Capoeira, coiffeuse… Nous retournons rua do Carmo où nous avions repéré un concert de Beremboi (instrument à corde de la Capoiera) dans l’igreja do Rosario dos Pretos, ancienne église des esclaves la belle Igreja Nossa Senhora do Carmo e Ordem Terceira do Carmo. Retour a la Marina da Bahia pour le dîner à bord de Mathusalem.

Vendredi 20 : publication sur le blog, séance de Skype avec nos enfants et nous partons en ville. Visite rapide des musées du Pelhourino car ils sont tous fermés samedi et dimanche. Le musée des Carmes est fermé, nous sommes accueillis par un vendeur du bijoutier Stern, qui nous fait visiter le couvent transformé en hôtel 5 étoiles, et fait essayer à Fr. un collier toutes les minutes, pas de chance je résiste. Déjeuner dans un restau Bahianai avec une Fiejado, ragout de viande et poisson avec différentes sortes de haricots. Museu da Cidade intéressant pour comprendre la culture Bahianaise et son origine Africaine. Ensuite le museu Abelardo Rodrigues d’art sacré, puis celui de l’Igreja da Ordem Terceira do Sao Francisco, où nous bénéficions d’un guide passionnant par sa culture, magnifiques meubles en Jacaranda. Pause sur la Praça Terreiro de Jesus, pour déguster une Caipirina et regarder une exhibition de Capoeira. Le soir dîner avec JC et MC de Tao chez Maria Mato Mouro, petit restaurant près de l’église Franciscaines, au 1er étage sur une terrasse fleurie, cuisine brésilienne inventive, excellent Merlot de Sao Francisco (sans le savoir c’est celui que JLdT avait bien apprécié !). Auparavant nous avons assisté sur la Praça Tomé de Suza à un spectacle de Noël, nativité, une forme de comédie musicale, une douzaine de jeunes chanteurs sur une estrade et un cœur composé d’une cinquantaine d’enfants postées aux fenêtres de l’immeuble du fond et comme toujours une musique à vous briser les tympans. Il est minuit, les rues sont encore très animés, nous rentrons dormir dans notre Pousada d’un pas ferme décidé pour réduire les risques d’agression.

Samedi 21 : super petit déjeuner local sur la terrasse, en particulier les mangues, ananas et papayes. Ballade dans le quartier Sao Antonio au bout de la rua do carmo, jusqu’au fort Portugais. Visite de l’église Ordem Terceira do Carmo, pour admirer un christ d’un réalisme étonnant. Puis recherche des boutiques artisanales pour acheter les cadeaux de noëls, beaucoup de choix si l’on compare à l’Afrique. Déjeuner dans un bistro self-service et paiement en fonction du poids de l’assiette. Dans une galerie privée, nous tombons par hasard sur un vernissage d’une exposition hétéroclite, photos, sculptures, peintures… et sommes invités à un cocktail étonnant avec l’intelligentsia bahianaise.

Retour dans la belle église baroque coloniale Sao Franscisco pour assister à un concert de musique contemporaine, jouer par trois Brésilien, mélange d’instruments anciens et modernes créés avec des tubes en PVC, du verre et du métal. Dîner à l’école hôtelière où l’on peut déguster à loisir 30 plats différents de cuisine brésilienne et une vingtaine de desserts aussi succulents, service bien sûr très stylé.

Dimanche 22 : Coup d’œil dans la cathédrale Basilica do Salvador sur la grande place du 15 novembre, départ en taxi pour la péninsula de Bonfim pour voir la grande église de Bonfim d’une richesse inouïe, envahie par des ex-votos, pleine à craquer d’une foule très fervente, d’où l’on jouit d’une belle vue sur Salvador. Puis nous descendons à pieds vers la côte nord de cette péninsule à Ribiera, grande plage avec une suite continue de petits bistros, il semble que tout Salvador ce soit donné rendez-vous ici. C’est une atmosphère populaire, bonne enfant, toujours très bruyante, musique à fond. Quelques belles maisons coloniales, nous faisons des kilomètres et nous nous posons dans un de ces petits bistrots pour prendre une moqueka de poissons. A notre étonnement, sans s’arrêt des vendeurs ambulants nous propose des plats, crevettes, poissons…Impossible de tout finir, cela est bien visible aussi une de ses vendeuses ambulantes nous fait comprendre qu’elle finirait bien nos restes, nous sommes un peu embarrassés par rapport au restaurant, nous demandons l’avis du garçon qui non seulement est d’accord mais installe cette personne à une table avec un couvert et la sert. Elle mange de bon appétit avec un sourire radieux et appelle ses consœurs à partager ce repas, quelle joie pour nous aussi de voir cette scène. Retour en taxi, malheureusement il est trop tard pour aller au fameux marché bahianais Sao Joachim, nous poursuivons jusqu'à la marina et regagnons le Mathusalem pour préparer nos valises. Nous sommes invités par JJ et Danièle à visiter leur bateau un Super Maramu Amel de 16 m, avec tout le confort domestique d’une maison. C’est un bateau mixte voile et moteur, où tout se commande par des boutons et joy-sticks, winchs électriques notamment. Nous commençons à annoncer notre départ du rallye aux différents bateaux, et buvons apéro sur apéro…

Lundi 23: dernières courses au marché Modello, pour faire et se faire des petits cadeaux derniers au revoir aux skippers et équipiers du Rallye. Départ en taxi pour l’aéroport avec 5 énormes sacs de marin, un peu plus de 80 kg. Décollage à 19h, heure locale pour Lisbonne.

Mardi 24 : transfert sur Paris-Orly où nous attends Sibylle avec Aurore.

Cette épisode se termine, avec un plein d’océans et d’expériences de navigation à voile, un plein d’images de fabuleux paysages côtiers et terrestres, riche de rencontres d’hommes et de femmes de tous horizons, d’amitiés à continuer. Encore merci à tous les voileux du Rallye pour leur acceuil et gentillesse et plus particulièrement à Mathusalem.

C’était aussi partir sur les traces de mon père qui après avoir intégré l’école Navale à Brest en septembre 1939 fut évacué avec toute la promotion à bord du cuirassé Richelieu pour une destination inconnue (tenue secrète). Ces jeunes officiers étaient très exaltés à l’idée que l’école était finie et qu’ils allaient être dispersés et embarqués sur les différentes unités de notre Marine invaincue pour poursuivre le combat avec nos alliés anglais. Leurs espoirs ne furent malheureusement pas remplis. Cette destination était Dakar où Papa vécu jusqu’en novembre 1943. Il avait été affecté comme second sur un Aviso, Air France IV, dont les missions consistaient à escorter les navires de commerce dans la zone. Cet Aviso était en fait un bateau civil qui avait été armé, qui appartenait à l’aéropostale et transportait dans les années 30 le courrier au Brésil, Argentine et Chili. Je me souviendrai toujours du jour où Papa m’a montré sa carte Michelin de L’AOF, qu’il avait gardée de cette époque bien précieusement ayant un moment (avant le drame de Mers El Kébir) le projet de rallier les anglais en Gambie, pour que je lui explique mon périple à la voile.

 

Ce blog, qui m’a demandé beaucoup de temps, s’est révélé un efficace outil de communication, car je n’ai jamais rencontré de difficulté pour l’alimenter, quelque soit la qualité des liaisons Internet utilisées à chaque escale, alors qu’au bout d’un certain temps je n’ai plus réussi à envoyer de mail et quelquefois je n’en recevais même plus. Aussi je compte continuer à publier des articles et des photos sur des sujets qui me tiennent à cœur, des voyages et autres passions...et de les partager avec vous.

 

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Journal de Bord volume 8 : Traversée de l’Atlantique :

 Mindelo – Salvador da Bahia 

 

Mercredi 3 décembre : 8h agitation sur le cat-way, les bateaux du 1er groupe appareillent les uns après les autres sous les ovations des équipages des autres groupes, qui leur souhaitent bon vent. Avec Mathusalem nous décollons à 15h dans le 2ème groupe. Ceux du 3ème groupe partiront le lendemain. Dès la sortie de la baie de Mindelo, nous mettons le cap sur l’ouest dans le canal de San Antao. Ce passage est réputé pour ces vents violents et c’est ici que le dernier record de vitesse de planche à voile aurait été battu. Il y a effectivement une forte brise de force 6 avec des rafales à 7. Bien que déjà sous trinquette nous sommes vite obligé de prendre un ris, puis le 2ème lorsque le vent monte subitement à 7 avec rafales à 8 (le bateau marche à 10 nœuds rafale de 35 nœuds). A la sortie du canal, cap au sud, la nuit arrive vite, le vent molli un peu, mais reste ferme avec F6 à 7, la mer devient forte. La nuit sera difficile, Eliz et Fr sont dispensées de quart. Je prépare le diner, riz et poulet émietté servi sur le cockpit dans un bol avec une cuillère.

Jeudi 4 : la mer est toujours forte, vent F5/6, un ris sur la GV + trinquette, réception du mail de JLdT d’encouragement et de conseil, sandwich et diner avec l’excellent pichade d’Eliz. En mer nous mangeons généralement peu, nous nous rattrapons à terre. Avec la nuit le vent et la mer se calment. Nuit calme avec un ris sur la GC et le génois.

Vendredi 5 : Lors du dernier quart de 5h à 7h30 de Fr. le vent est tombé à F3. Essai infructueux du grand spi (130 m2), car le vent est instable en direction et force, par contre le plus petit (90 m2) tient bien et nous donne 4 à 5 nœuds de vitesse. Nous prenons connaissance de la position de la flotte RIDS par VHT et/ou BLU. Nous suivons pratiquement tous le même cap au 180°. Durant la nuit les poissons volants bondissent de part et d’autre du bateau, 3 atterrissent sur le pont et finiront dans la poêle, ils ont le gout de sardine. Le soir le vent mollit

F3/4 nous décidons de garder le spi pour la nuit. A la fin du 1er quart, il s’enroule sur la trinquette une heure de bagarre pour le ramener, de nuit nous n’avons pas une vigilance et une visibilité suffisante pour le gérer, nous poursuivons sous génois.

Samedi 6 : position à 7h 30, 10°N/25°W soit 420 milles depuis Mindelo. Je passe la main à Fr. La vie à bord au milieu de l’Atlantique est une longue mer tranquille…..enfin, à peu près !

Nous sommes au centre d’un cercle, avec une visibilité de 10 km., tout autour, ce qui n’est pas beaucoup et nous ne voyons aucun bateau autour de nous, et ne les entendons pas non plus, aussi nous nous sentons très isolés du reste du monde et il faut tenir le coup moralement. Des dauphins viennent jouer autour de nous, par paquets de 4 à 5, c’est magnifique, ils sont si gracieux, l’un d’eux saute en l’air à la verticale, on voit son ventre blanc argenté ! Mon premier quart à partir de 5h30 : je suis seule au milieu de l’océan : Orion, la Grande Ourse, et la Polaire sont très nettes, à 6h15 le soleil commence à se lever.

Dimanche 7 : Jour J-10, belle navigation vent force 4, la mer est plate la nuit on apprécie de bien dormir. Eliz fait du point de croix et je continue mon tricot Jacquard.

Lundi 8 : Nous entrons dans la zone intertropicale de convergence (ZIC), zone du pot-au-noir : atmosphère chaude et humide, risque de grains violents alternés de calmes plats (et là on met le berzingue). Luxe à bord, douche pour chacun grâce au désalinisateur. On mange encore des salades de tomates, achetées vertes sur le marché de Mindelo. Eliz et moi avons notre jour de cuisine à tour de rôle. Soirée pleine de bonnes nouvelles : Bilouche admise à son épreuve de formation des maîtres, Th attrape un poisson, non identifié.

Mardi 9 : nuit et journée de moteur, temps lourd et pluvieux. Nous dégustons les filets de poissons préparés à la Tahitienne par JL. Nous sommes en tête de flotte à la grande fierté de notre capitaine. Le moral est bon. Nous sommes dedans, le fameux pot au noir, cela faisait plusieurs jours qu’on suivait sa position et son évolution sur les cartes de météo/vent Ugrib pour essayer de minimiser son passage. Le vent est vraiment nul, la mer plate. A minuit le vent arrive et monte à 15 kts, nous espérons en être sortie. J’ai terminé le 2ème volume de L’Histoire de France pour les nuls. J’attaque un pavé, aventures extraordinaires de Henry de Monfreid. Je n’ai jamais autant lu.

Mercredi 10 : confirmation le vent est toujours là et bien établi, F4/5 longue houle, met calme. Nous étions tellement habitués aux allures portantes, que l’on avait oublié les désagréments de la marche au près, forte gite et accélération du bateau.

Jeudi 11 : réveil avec un bon vent F4, déjà très chaud et humide, ciel équatorial blanc. A 13h nous franchissons l’équateur au 27° 17 W, le champagne était au frais…Le vent et la mer forcissent, nous ferons 180 milles cette journée, mais inconfort maximum avec la gite et les vagues qui tournent l’arrière du bateau, elles viennent du travers. Hourrah un poisson au bout de la ligne qui se défend bien, c’est un tazar de 1 m de long 6 à 7 kg, aussitôt débité en darne et filet.

Vendredi 12 : peu d’heure de sommeil, Fr n’a pas le moral, elle trouve le temps long. Le vent adonne, nous sommes au petit largue, toujours à bonne vitesse 7 à 8 kts. Ciel couvert il pleut. Il y a des similitudes entre le désert et l’océan, mais finalement plus de vie dans le désert, rien pour accrocher le regard, l’horizon semble très proche, on est étonné de voir des oiseaux aussi loin des côtes (800 nm), nous identifions des Puffins, des Fous de Bassan et une Frégate (3m40 d’envergure), nous avons croisé seulement deux bateaux, un vraquier et un pétrolier. La vie est en dessous, mais les manifestations sont rares, troupeaux de dauphins 2 fois, un aileron de requin.

Samedi 13 : pas de pluie mais très nuageux, chaud 31°c et humide 95%. Vent force 4/5, allure petit largue, vitesse 7/8 kts avec le spi, position 5°30S et 31°W. L’océan est finalement plus vivant la nuit, avec les étoiles qui pivotent dans le ciel, chaque soir nous faisons connaissance avec une ou deux nouvelles, la lune aussi varie d’une nuit à l’autre en forme et position, des visites d’oiseaux qui tournent autour du bateau, quelque fois se posent et disparaissent, des bruits d’eaux plus marqués.

Dimanche 14 : le vent est très constant F4/5 sud-est, sous spi le matin puis génois le soir. Peu de manœuvre a part installer et hisser le spi puis l’affaler et néanmoins garder une surveillance permanente, plus des réglages fins, comme bordure et Cunningham de GV. Donc beaucoup de temps pour la lecture et la méditation devant cet océan dont la couleur bleu varie sans cesse. Nous sommes doublés par Marie-Soizick un catamaran de 44 pieds, qui était partie un jour après nous.

Lundi 16 : le vent molli force 4 spi le matin au largue, génois ensuite. Nous sommes à 80 milles de la côte, nous surveillons les bateaux qui longent la côte. Comme tous les soirs nous dinons avec notre Tazar péché le 11, accommodé chaque fois de façon différente, au cour bouillon, à la plancha, à la tahitienne, et même ce soir en croquette. Il semblerait qu’il n’y ait pas dans le Rallye de bateau comme nous avec un vrai dîner et même déjeuner tous les jours, bravo à l’inventivité de nos femmes. La croix du sud est maintenant très visible chaque soir.

Mardi 17 : le vent est plus à l’est, toujours bien régulier F4/5, spi la majeure partie du temps. Nous sentons que la côte approche. Depuis quelques jours les coucher et lever de soleil sont magnifique, et les jours rallongent. Dans la nuit nous apercevons à deux reprises dans deux lieux différents de grandes lueurs rouge-orangées, de quoi s’agit-il, feu de forêt ? usines sidérurgiques ? etaussi des lueurs blanches qui doivent être des villes de la côte. Dernier quart nous arriverons demain.

Mercredi 18 : la côte est enfin en vu, elle est plate et il semble y avoir de grandes dunes de sable blanc. Caramel un super Maramu est sur nos talons, nous mettons le charbon pour maintenir notre position. Vers 12h, heure local en TU-3 maintenant (donc 4h d’écart avec Paris) nous sommes à 8 milles de la côte, et sommes impressionnés par les buildings des environs de Salvador de Bahia, nous passons la point de San Antonio et entrons dans la Baie de tous les Saints, nous signalons notre arrivée par VHF et sommes accueillis sur le ponton par des hourrahs, coup de canon, une superbe bahianaise en costumes avec un super plateau de fruit exotique et un verre de la fameuse capirinha. Il est 15h heure locale nous avons relié l’Afrique à l’Amérique en 13 jours. Le troisième bateau Caramel cité plus haut arrivera à 16h. Nous prendrons l’avion Lundi 22 et serons à Paris le 23 au matin via Lisbonne.

PS. Un grand merci à JLdT pour ses emails que nous avons bien appréciés, pour ses encouragements, conseils et amitiés

« De: Jean Louis de Turckheim [jldeturckheim@wanadoo.fr]
Envoyé: mardi 16 décembre 2008 22:01
À: Thierry et Françoise
Cc: Françoise (Thierry) de Turckheim
Objet: Bravo Mathusalem !

From: "Jean Louis dT

To: <mathusalem@skyfile.com>

Subject: Bon vent à tous les quatre !

Date: Wed, 3 Dec 2008 21:53:28 +0100

Chers Thierry et Françoise,

Petite pensée à Mathusalem en ce premier jour de traversée.

Vous êtes sans doute fins prêts, et je continue à vous envier pour votre périple.

J'ai fait un peu de meteo à l'occasion du passage de la ZIC par le Vendée Globe il y a moins d'une semaine.

Plus ils étaient à l'ouest (27/28°, voire ....29/30°W) plus vite ils sont passés.

Les conditions ( et la minceur relative de la ZIC) semblent n'avoir pas beaucoup évolué depuis.

Bon vent jusqu'à la Metarea V !

 

From: "Jean Louis

Subject: sortie du pot au noir ?

Date: Tue, 9 Dec 2008 12:34:42 +0100

Bonjour et bravo, vous êtes en tête de la flotte avec Callisto qui fait route par 28W.

Vous avez fort bien négocié la ZIC ! Je suis votre route près bâbord grâce à UGRIB ...

Courage, encore une bonne journée et vous devriez retrouver du vent stable avant les alizés jeudi ou vendredi.

Hier avec Delphine, 20 noeuds d'ouest et grand beau dans le golfe de Gênes ! Le pied.

Affectueusement, Jean-Louis

Jean-Louis

 

Bravo à tous pour cette belle traversée !

Il y a 3 choses qui m'ont frappé : la qualité des prévisions de Thierry au Cap Vert ("Nous arriverons le 17/12" !), la régularité quotidienne de votre progression, et les écarts assez faibles à l'arrivée d'une flotte qui est finalement restée incroyablement groupée sur 1700 miles !

J'attends avec impatience votre récit de cette traversée.

Bon repos pour récupérer un peu, et bon séjour dans cette formidable ville de Salvador de B que nous avons tant aimée, Delphine et moi.

Jean-Louis »

 

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Journal de Bord volume 7 : Cap Vert - Sao Vicente & Sao Santao

 

Vendredi 28 : départ pour l’ile de Sao Santao par le ferry de 7h45. Porto Novo est à une heure de ferry, Adelino le conducteur d’aluger (minibus) nous attend avec une pancarte « Thierry ». Nous traversons en allant vers la côte au vent, col à 1500 m, paysage de terre sèche, comme dans toutes ces iles la route est pavée en basalte, vue magnifique sur les iles de Sao Vicente, Sao Nicolau et Santa Luzia. Arrivé au col, le paysage change complètement végétation fournie, arbres, nous prenons une route de crête pour aller au Pico da Cruz, petit village très pauvre, malgré une richesse apparente des cultures, mais, haricot, manguier, papayer. Il semblerait que les paysans ne sont pas propriétaire et ce sont de petits lopins de terre. Route impressionnante très étroite avec des a pics de chaque coté. Nous faisons une partie de la route à pieds, ce qui permet de mieux approcher les Cap Verdiens et de prendre de bonnes photos. Arrêt sur le volcan de forme parfaite Cova do Paul. Ensuite descente vertigineuse sur l’autre côte vers Ribiera Grande, vue grandiose sur les vallées verdoyante, des petites maisons accrochées dans la montagne, des cultures, c’est vraiment bien différent des autres iles. Déjeuner sur la côte à Ponta Do Sol, chez Ba un sénégalais, menu poisson comme toujours, Thon (Atum), Serra, Mérou (Garoupa). Départ pour Paul, route côtière, au nord est de l’ile. C’est la région de la canne à sucre où on fait le meilleur grogue (rhum local) qui sert de base au punche (on y ajoute de la mélasse, sucre de canne), ou on fait de la Caipirinha avec de des maracujas. Visite d’une « trapiche » fabriquant de grogue, très belle maison coloniale, au milieu de la cour des vaches, cochons, volailles autour du pressoir et de l’alambique. Nous repartons dans une vallée très encaissée, route en très mauvais états, piste et pavé, vers Passagem. Vallée de la canne à sucre et en haut du café. Redescente sur la côte, Paul Ribiera et nouvel vallée profonde pour aller dans notre maison d’hôtes, Martine et Norbert Duthoin à Boca de Coruja. Un couple de français retraité très sympathiques et passionnant, établi ici depuis 4 ans. Norbert est un passionné de botanique, il a créé un jardin exotique étonnant. C’est pour nous marin, un luxe fantastique de dormir dans de telles conditions de confort.

Samedi 29 : départ 9h pour la vallée en altitude de Horta Da Garça, paysage grandiose, point de vue à l’infini de la route escarpée, à la limite du carrossable. Le soleil plonge dans ses vallées et donnent aux roches et a la végétation une multitude de couleurs de terre et de verdure. Arrêt dans la maison d’Adelino, sa femme nous fait manger le plat traditionnel la cachupa (ragout de maïs divers haricots, porc et poisson) arrosé de grogue, pas évident à 1àh du matin. Redescente dans une sorte d’oued jusqu’ Cruzina da Garça sur la côte nord ouest. MC malheureusement et mal foutu, grippe ou dingue, elle rentre avec Adelino chez notre logeuse de Ponta do Sol, Luisette. Avec JJ nous partons pour une randonnée de 4h jusqu'à Ponta Do Sol, c’est un chemin en corniche, fait avec les pierres locales, pierre de basalte ou galet, on monte et on descend dans les vallées qui coupent ces falaises.

Dimanche 30 : Retour le lendemain après-midi avec un aluger collectif sur Porto Novo pour prendre le ferry. Nous retrouvons la vie de ponton, les 26 bateaux du rallye sont sur le même ponton, on circule d’un bateau à l’autre, pot et dîner chez les uns chez les autres, vie sociale intense, échange de bons conseils, bonnes pratiques et expériences de navigation, beaucoup d’entraide.

Lundi 1er décembre: réunion d’information pour la traversé, conseil pour la route à suivre pour faire ces 2000 miles sur Salvador de Bahia. La zone intertropicale de convergence (ZIC) se situe entre le 5° et le 8° nord et s’étend sur 100 à 400 miles, elle devrait être plus étroite entre le 26° et 28° ouest, c’est le pot au noir. Dans cette zone instable, avec évolution très rapide, le vent varie en direction et vitesse de 0 à 40 nœuds dans les grains. La recommandation est de couper plein sud la ZIC au 25°W et de reprendre une route SSW dès que l’on touche les alizés du SE. Sur cette route il n’y pratiquement pas de cargos, nous les retrouverons sur les côtes Brésilienne. Les départs sont échelonnés sur 3 groupes, nous partirons dans le 2ème mercredi 3 à 16h. Nous devrions atteindre la baie de tous les Saints vers le 17 décembre.

Mardi 2 : Préparation et nettoyage du bateau, dernier ravitaillement, préparation de plats. Beaucoup d’agitation sur le ponton, discussions techniques et de navigation entre les skippers, on ressent un peu d’angoisse aussi…quelques malades. Nos amis François et Catherine doivent laisser leur bateau à Mindelo, ils prennent l’avion ce matin, problème aux yeux nécessitant une intervention, nous espérons qu’ils pourront nous rejoindre au Brésil.






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Journal de Bord volume 6 : Cap Vert - Sao Vicente & Santa Luzia

Vendredi 21 : briefing d’information sur les possibilités locales. Déjeuner à l’alliance Française, sympa comme à Dakar, cadre ombragé très agréable, bonne cuisine locale simple, et bon marché. Nous commençons à organiser le programme de ces deux semaines dans l’archipel. Sur les conseils de la responsable de l’alliance Française, une Cap Verdienne mariée à un Français, je prends contact avec des habitants de l’île de Sao Santao qui ont des chambres d’hôtes pour organiser un trek dans cette ile, réputée pour ces circuits de randonnés, très peu de route carrossable, ces cultures de canne à sucre et de café . Nous irons avec un autre couple, Jean-Jacques et Marie Claude sur un Alliage 44, nommé TAO.

Samedi 22 : avitaillement le matin, beaucoup de petite superette, peu de produit, mais il y à l’essentiel. Mindelo est une ville de 70 000 habitants, la ville est propre, les Cap Verdiens accueillants, métissage incroyable entre l’Afrique et l’Amérique du sud, avec un petit poil d’Europe. Beaucoup baragouine le français, je me fais comprendre en parlant italien, d’autres avec l’Espagnol. J’avais organisé (en louant un allugher avec chauffeur, genre de taxi brousse collectif) avec d’autres bateaux une ballade pour monter au Monte Verde 800 m, puis descente sur la Baia das Gatas (des requins). L’ile est vraiment sèche, végétation rabougrie, déformée par le vent, pourtant on aperçoit de vieille éolienne qui pompaient les eaux du sous-sol dans des petites vallées. Cette sécheresse vient d l’action conjuguée de l’homme et du changement climatique. Village de pécheur, les bateaux multicolores sont équipés de voiles latines, fabriquées avec des sacs de céréales en matière synthétique. Soirée au Nautico, musique cap Verdienne, et punches (rhum local avec du lait de coco ou un jus de mangue ou goyave) guitares, youqulélé, tambourin et autres percussions. Les chanteurs passent de bar en bar, ils prennent le micro, chantent, boivent un coup, et s’en vont dans un autre bar. Ambiance très chaude, avec une grande mixité sociale, nous retrouvons un manœuvre de la marina, un pécheur qui nous avait proposé des langoustes, ils dansent tous très bien et invitent les femmes.

Dimanche 23 : nous organisons entre nous un déjeuner sur la plage de Calhau, à l’autre extrémité de l’ile, chez Loutcha, une institution Cap Verdienne de la restauration. Magnifique site, baignade dans les rouleaux, superbe buffet à base de poissons et légumes. Nous sautons le dîner et allons le soir en ville écouter de la musique, atmosphère bonne enfant, très famille, beaucoup d’enfants. Nous assistons par hasard à une démonstration de Capoeira, art martial Brésilien.

 

Lundi 24 : départ pour l’île de Santa Luzia, distante de 25 milles, nous partons à 6 bateaux du RIDS. Après 4h de navigation sans problème, nous mouillons dans une grande baie au sud, Cette ile est déserte, pas de végétation des couleurs de terre ocre, de rocher et pierre volcanique, de sable banc et noir, pur ou mélangé, cela rappelle fortement le Tassili. Nous allons à l’aventure en annexe, malgré les gros rouleaux qui déferlent sur la plage. On s’approche prudemment, on compte les vagues, généralement 7 puis une accalmie, on fonce, on saute et on porte l’annexe sur le sable. Fr me rejoint sur une autre annexe et pas de chance l’atterrissage se passe mal le dernier rouleau prend l’annexe de travers, elle se retourne Fr et Ma se retrouvent sous l’annexe un peu groguies, heureusement le moteur avait bien été stoppé. Plus de peur que de mal, mais perte des lunettes, des avirons et du banc de nage ; Le lendemain, seule une pagaie sera retrouvée. Nous allons à la rencontre de pécheurs, ils viennent de Sao Vicente, pêchent 2 à 3 jours, dorment chaque soir sur la plage et vont vendre leurs poissons au marché de Mindelo. Le poisson est stocké dans des vieux frigos bourrés de glace. Nous les aidons à dépanner un moteur hors-bord. Nuit un peu mouvementée sur le mouillage à cause des vents violents rabattants qui déboulent des monts de l’ile. Le bateau de Gérard dérape.

Mardi 25 : pêche s ous-marine autour d’un rocher, petit mérou, poisson perroquet, carangues…Les pêcheurs Monique, Serge, Alain et Jean-Jacques nous apportent leurs poissons à déguster. Ballade saharienne à pieds pour découvrir l’autre versant de l’ile, la côte au vent. Alain de Johan un catamaran Lagoon 420, nous invite à dîner nous sommes 12 autour de la table, ces catas sont de vraies maisons flottantes, il y a 100 m2 habitables. Les poissons sont grillés au barbecue installé sur un coté du bateau. Retour en annexe, la nuit est vraiment noire sur l’eau.

Mercredi 26 : Carénage du bateau avant de repartir pour Mindelo. Nous passons par le sud de l’ile, cote inhospitalière de falaise de basalte et lave qui tombe dans la mer. Le soir nous invitons nos amis MC et JJ de Tao à dîner dans un restaurant typique, Tradissom et Morabeza. Nous avons apprécié ces quelques jours avec nos hôtes de TAO, ils qualifient leur voilier de bateau de voyage, il est donc très confortable, aéré, clair mais moins performant en vitesse, avons aussi aimé leur façon de naviguer en couple.

 

Jeudi 27 : départ pour l’ile de Sao Santao par le ferry de 7h45.

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Journal de Bord volume 5 : Cap Vert

 

Repères Historiques : à venir

 

Dimanche 16: Départ de Dakar à 14h avec le 2ème groupe de bateau, le 1er étant parti ce matin à 8h. Il fait très chaud et humide 32°c, 95% d’humidité, vent F4/5 du NE. Notre VHF ne nous permet pas d’échanger avec les autres bateaux, dommage c’était bien sympa, de communiquer sur les conditions de navigation, sur les moyens et résultats de pêche. Nous reprenons le rythme des quarts, nuit couverte, halo sur la lune, mer agité, le vent forci dans la nuit, il faut s’accrocher pour dormir, nuit difficile. Le groupe chauffe et s’arrête, la prise d’eau est mal placé et dès que l’on gite la pompe n’est plus alimenté, aussi nous avons cramé la turbine. On met à l’eau l’aquagènerateur (hélice tractée) pour produire de l’électricité, mais on ne peut pas faire marcher le désalinasateur.

Lundi 17 : réveil avec un ciel laiteux, beaucoup d’humidité, visibilité très réduite. Françoise est barbouillée le premier jour, ça vat mieux maintenant grâce au Sturgeron (anti nausée Espagnole, conseil de Tonia). Dans la nuit la pièce métallique qui relie le hale-bas à la bôme casse, défaut de soudure.

Mardi 18 : vent force 4/5 de NE stable, mer toujours bien agité. 5 à 6 bateaux RIDS aux alentours. 14h l’ile de Boa Vista est en vue, 17h un poisson au bout de la ligne de traine, c’est un thon 4/5 kg, formidable, couleur magnifique dorée et bleue. Nuit plus calme quelques de moteurs, vent F2.

Mercredi 19 : Atmosphère toujours laiteuse, nous devinons la côte, l’ile de Sao Vicente, cela ressemble au Hoggar posé sur l’Atlantique, roche aride qui plonge dans l’océan des profondeurs de plus de 1000 m proche de la cote, mais aussi des dunes de sable. Nous retrouvons beaucoup plus de bateau du Rallye à l’approche du port de Mindelo. Arrivée dans la Marina toute neuve, mais encore sans équipement sanitaire, vers 15h en heure locale nous sommes maintenant à TU – 1h. Les femmes partent à la découverte des facilités de Mindelo, laverie, marché, sanitaire, resto…Les hommes rangent, réparent (remplacement de la turbine, démontage du hale-bas), nettoient le bateau (nous avons ramassé énormément de poussière à Dakar, de la latérite rouge.

Jeudi 20 : balade dans Mindelo, un monde entre l’Afrique et le Brésil, mais finalement plus proche de l’Amérique du sud la Morabezza, de la musique partout, la Morna, la fameuse Sodade de Cesoria Evora. Le soir appéro dans le bateau de Serge et Siao, un Cigale 16, nous sommes 14 à bord. Puis dîner en ville, club Nautico, ambiance chaude avec un orchestre et des chanteurs qui passent de bar en bar, mélange de population et de couches sociales incroyable.

Vendredi 22 : briefing d’information sur les possibilités locales. Déjeuner à l’alliance Française, sympa comme à Dakar, cadre ombragé très agréable, bonne cuisine locale simple, et bon marché. Nous commençons à organiser le programme de ces deux semaines dans l’archipelle.

 

 

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Journal de Bord volume 4 bis: Sénégal

 

Repères Historiques : Au IX° siècle plusieurs peuplades dominatrices se succèdent, venues du Maghreb puis du Soudan islamisé. Incursion des Almoravides et début de l’islamisation.
X - XI° développement de petit royaume le long du fleuve Sénégal, alliance avec les Almoravides.
XII – XIV° développement des échanges commerciaux, le nouvel empire du Mali s’étend vers l’ouest, les Mandingues forment d’autres royaumes. Royaume Djolof fondé par N’Diadiane N’Diaye. A l’embouchure du Sénégal, presqu’ile du Cap vert, Casamance.

XV – XVI° arrivée des navigateurs portugais. Début des échanges commerciaux maritimes et de la traite des esclaves.

XVII – XVII° intensification de la traite des noirs avec l’entrée en jeu des Français et des Anglais. Saint Louis et Gorée principaux centres mais c’est plus la gomme arabique (acacia) qui intéresse les européens.

XIX° campagne d’abolition de l’esclavage, loi du 28 mars 1815, prise d’effet en 1848. La traite arabe prend le relais sur la côte orientale. A partir de 1840 les Français sous l’impulsion de Faidherbe conquièrent l’ensemble du Sénégal qui deviendra l’AOF.

XX – XXI° le 4 avril 1960 le Sénégal devient indépendant dans le cadre de la fédération du Mali, capital Dakar. C’est un échec le 20 août 1960 Léopold Sédar Senghor devient Président, nouvel constitution, la fédération vole en éclat. En 1981 Abdou Diouf élu 2éme président, réélu en 1988 et 1993. La démocratie impose le libéral Abdoulaye Wade contre Diouf, Wade est réélu en 2007 contre son ancien 1er ministre Idrissa Seck. L’amélioration tant attendue des conditions de vie se fait toujours attendre. 

 

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Journal de Bord volume 4 : Dakar

Jeudi 30 : Nous sommes mouillés devant l’hôtel Teranga Sofitel et bénéficions de la piscine et des sanitaires. L’hôtel est situé à coté de la présidence, au centre ville, place de l’Indépendance. Nous avons essayé de débarquer avec l’annexe mais nous avons vite renoncé à cause des rouleaux qui brisent sur la plage avec des gros cailloux. Demain un service de navette sera organisé, la barcasse est manœuvrée par Gustave et Molo. Première sortie en ville, nous sommes vite saisis par la pauvreté, l’état de la ville, les voitures dans tous les sens, on ne peut pas marcher sur les trottoirs, et les sénégalais nous sollicitent de tous les côtés pour vendre quelque chose ou de l’argent. Ils disent eux même, on est collant comme des mouches mais on ne pique pas. C’est très vrais, ils sont toujours très gentils et souriant quelque soit leur situation. Nous faisons quelques courses au Casino, peu de produits locaux, sur les fruits et légumes provenance « avion »…Ensuite la journée se passe sur Internet pour alimenter le blog, téléphoner à nos famille et enfin piscine. Le soir pour liquider la dorade nous invitons 6 personnes à dîner, cette fois au curry.

Vendredi 31 : Nous partons ce matin à la découverte du marché Kemeur, dit marché des toubabs, il faut néanmoins avoir le cœur bien accroché. Marché couvert circulaire avec des anneaux concentrique fruits, légumes, viande et poissons, autour des baraques d’objets artisanaux avec des vendeurs très accrocheurs. Déjeuner léger au bar de la piscine.

Samedi 1er novembre : Nous allons au marché de Sandanga pour chercher des tissus et pagnes africains. Nous savons mieux gérer les sollicitations des sénégalais dans la rue, toujours garder le sourire, rester poli, serein et aimable, avoir la patiente qu’ils se lassent les premiers. Dans ces conditions c’est difficile de faire des achats. Nous reviendrons un autre jour. Par contre nous avons trouvé une laverie impeccable. Déjeuner au Centre Culturel Français, parc de verdure avec un bâtiment ancien, crépie de rose. Menu simple, bon marché, cuisine sénégalaise, Thiof (mérou/bar local) grillé, poulet Yassa (oignons) ou Mafé (arachide). Il y a une boutique artisanal commerce équitable, essentiellement des vêtements, une jeune femme Fari Sy fait travailler des tisserands des teinturiers et des couturières, tout un village, elle est charmante et passionnante. C’est aussi une très belle femme, comme beaucoup de sénégalaise et sénégalais qui sont généralement grand et mince.

Dimanche 2 : Le matin carénage du bateau avec masque tuba et palme, rangement et divers réparation, il y en a toujours… Après midi sur Internet, toujours problématique, ça ne marche pas, ou bien débit très faible, on y consacre beaucoup de temps pour peu de résultat, Skype ne passe pas car la qualité des liaisons et insuffisante. Depuis Ténérife je ne peux plus envoyer d’email par contre je les reçois bien. Au moins le blog lui, même si c’est un peu long pour charger les photos, marche toujours. Nous avons hissé le grand pavois comme les autres 24 bateaux, cela à de la gueule et tous les Dakarois sont au courant de notre arrivé.

Lundi 3 : Départ pour Gorée, avec la chaloupe de 11h, Olivier, contacté la veille, nous attend au débarcadère. Il y habite depuis un an dans une magnifique maison de couleur rose avec une cour intérieure, qui relie les deux bâtiments. Nous repartons aussitôt pour découvrir cette ile plein de charme, petites ruelles pavées ou en terre très fleuries, des bougainvilliers de toutes les couleurs. Olivier est connu de tous les Goréens, et semble très apprécié. Parmi les nombreux artisans et artistes en tout genre, Olivier nous présente quelques uns de ces amis artistes avec lesquels il a une relation approfondie. En particulier Mamoud le roi de la récupération, qui transforme les déchets en œuvre d’art. Retour vers 18h30, un grand merci à Olivier pour son accueil et ses discussions passionnantes sur l’aide aux pays émergeants. Sur le bateau JL et E nous attendaient pour fêter l’anniversaire de Fr, Champagne et superbe dîner à bord. Soirée sympathique et chaleureuse.

Mardi 4 : E. apprend le décès de sa maman, elle était très diminuée depuis plusieurs mois. Elle rentre rejoindre sa famille mercredi soir, nous la retrouverons au retour du Siné Saloum, elle aura néanmoins la joie de faire connaissance avec son dernier petit fils âgé d’un mois, ainsi va la vie. Nous nous baladons dans Dakar et déjeunons au centre culturel français, tours très sympa. Librairie aux 4 vents pour trouver un livre sur Gorée. Les libanais sont très nombreux et semblent tenir le commerce. Ils ont leur propre école. Bien que le Sénégal soit musulman à 80%, cela n’est pas visible, les femmes semblent libre dans leur façon de s’habiller, du traditionnelle au plus moderne. Le soir nous allons dîner chez Loutcha avec l’équipage d’un autre bateau, ou l’un d’eux fête ses 70 ans. Cuisine sénégalaise, ambiance très bruyante et chaude.

Mercredi 5 : Dernière course de ravitaillement à Casino pour l’épicerie et les vendeurs de rue pour les fruits et les légumes. Ménage sur le bateau, intérieur et extérieur, beaucoup de poussière de latérite, rouge. Dans l’après-midi nous prenons un taxi pour le port de pêche de Soumbédianne. Le chauffeur est une femme Mag, elle sont 10 dans Dakar, c’est une initiative du ministère de la femme, elles ont un prêt pour acheter la voiture et ont subi un examen. En fait de port c’est une grande plage avec des centaines de pirogues tirer sur le sable, elles rentrent de la pêche à partir de 17h, des centaines de personnes hommes et femmes les attendent pour acheter leurs poissons et les revendre. Il y a des étalages en haut de la plage, ce sont les femmes qui les préparent en majorité, beaucoup, beaucoup de monde. Difficile de prendre des photos, les femmes peuvent être agressives, je demande la permission au préalable. Le retour des pirogues bariolées au coucher du soleil est un magnifique spectacle. Dommage que la plage soit aussi sale, avec des détritus partout, surtout ce foutu plastique…

Jeudi 6 : 6h00 départ pour Djifer à la pointe de Sangomar, l’embouchure du delta du Siné-Saloum. Bonne marche sous spi, comme d’habitude nous sommes en tête du peloton, voire photo. Vous ne pourrez pas le vérifier sur le site des ilesdusoleil.com car on nous a enlevé les balises de positionnement, de nouveaux modèles seront installés au retour à Dakar. C’est une zone de pêche, multitude de pirogue, de casier et de filet, il faut être très vigilant. Passage délicat pour entrer dans le delta, 3 à 4 m d’eau seulement, nous nous mettons en file indienne et suivons une pirogue. Mouillage devant Djifer, village de pécheur. Dîner à bord avec le thon juste pêché sur le trajet.

Vendredi 7 : Nous partons en pirogue pour se balader dans la mangrove, Pélican, aigrette, hérons et singes sans oublier les poissons volants. Visite d’un village de pécheur, nous allons voire l’école du village et sommes reçus par le directeur de l’école qui nous emmène dans sa classe, les enfants nous chantent la bienvenue. Ils apprennent le français et plus-tard le Wolof qui est la langue parlé par toutes les ethnies du Sénégal. Les femmes ramassent des coquillages, ce sont des coques. Les coquilles servent à la construction des bâtiments. Le soir dîner Sénégalais à terre, de la carpe rouge au yassa.

Samedi 8 : nous attendons la renverse de marée, 13h30 départ pour Foundioune, nous remontons le Saloum, 4 heures de moteur en convoie, les dériveurs en tête pour sonder. Attention aux filets à crevettes et aux bancs de sable.

Dimanche 9 : Départ à 6h00 pour Mar-Lodge pour assister à la messe catholique traditionnelle avec chant et Tamtam. 2 heures de pirogue, il fait nuit noire, sans lune, magnifique lever du soleil sur le Saloum et la mangrove, nous pénétrons dans les bolons – petit bras. Mar-Lodge est dans une île, on accoste, quelques minutes de marche à la rencontre des charrettes a cheval, 1h30 de charrette, en brousse, jolies villages propres, car il n’y a pas de déchets, plastique, ferraille…Comme toujours bon accueil, bon enfant, grand sourire… La messe est moitié en Wolof, moitié en Français, célébrée par un jeune prêtre. Chants de type choral accompagnés par des tamtams, un cora et un piano électronique, beaucoup de ferveur dans l’assemblée. Déjeuner au bord de l’eau, barracudas avec du riz et des oignons, bananes, bière locale Gazelle. Retour en charrette et pirogue à la nuit, multitude d’oiseaux en brousse avec des couleurs métalliques et dans la mangrove.

Lundi 10 : Exploration du village de Foundioune, aujourd’hui quelques milliers, il y a 20 ans 70 000 avec des industries de l’arachide, ils ce sont concentrés sur Kaolack. Rencontre insolite par hasard avec le sous-préfet qui nous explique son job et ses difficultés, puis nous reçoit chez lui avec sa famille. Sa maison est en mauvais état, mais elle ressemble beaucoup à celle que nous avions à Ouagadougou. C’est un modèle de l’administration coloniale. Déjeuner sympathique au village, riz et crevettes avec les voileux, au son des tamtams et des chants et danses de femmes.

Mardi 11 : Nous repartons pour Djifer avec la marée.

Mercredi 12 : Départ à 6h00 pour Dakar, notre trace GPS est insuffisante nous suivons un autre bateau pour passer le seuil de 4 m. Bon vent au départ, au plus prés bon plein, depuis Gibraltar cela n’était jamais arrivé, toujours des allures portantes. JL va chercher E à l’aéroport de Dakar.

Jeudi 13 : repos, quelques courses, centre culturelle français.

Vendredi 7 : Excursion organisée par RIDS, visite du lac Rose au nord de Dakar, et des dunes de la petite côte, c’est là que se faisait l’arrivé du Paris-Dakar, qui est bien regretté ici. Le lac rose, est très salé, le sel est exploité, la couleur rose vient d’une algue. Nous sommes en 4x4, gymkhana dans les dunes et sur la plage…L’après-midi visite de la réserve de Bandia, animaux peu farouche, le plus beaux sont les girafes. Retour impressionnant sur Dakar, a cause de la densité du trafic, l’état des routes et des véhicules des marées humaines sur la route, de la saleté, misères, bidons villes continus, du à l’attraction de la ville des miséreux.

Samedi 8 : Avitaillement au Casino de Dakar et aux petits marchants ambulants pour les fruits et légumes qui sont plus beaux et moins cher que chez Casino. Ce soir nous un cocktail offert par le ministre du tourisme.

Dimanche 9 : Nous partirons à 14h pour Le Cap Vert, comte tenu de nos performances nous sommes dans le 2eme groupe ! Le 1er groupe partira à 8h.

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Message de Dakar 1er novembre 2008

Merci à tous pour vos email, malheureusement pour une raison encore inconnue, je n’arrive plus à en envoyer. Par contre je reçois bien tous vos mails qui nous font très plaisir. Je capte vos emails aussi bien avec mon téléphone dès qu’il y a une liaison gsm/3g et aussi avec une liaison Internet. Aussi ne vous étonnez pas si vous n’avez aucune réponse de notre part, et continuez à nous écrire. Nous vous répondrons éventuellement au travers du blog-margouillat.com qui fonctionne bien. La qualité des liens Internet et très faible notamment en Wifi, cela fonctionne mieux dans les Cyber café avec une clé USB avec Dmailer.

A propos de météo, nous ne disposons pas d’information nous permettant de faire des prévisions. Nous écoutons tous les jours sur RFI le bulletin marine de 13h30 et téléchargeons quand cela est possible sur Internet des fichiers Ugrib (pour une zone donnée donne force et direction du vent, état de la mer sur 7 jours toutes les 6h), sinon avec Skyfile via le téléphone Iridium en mer. Ce dispositif sera valable jusqu’au Cap Vert, ensuite pour la traversée de l’atlantique et le Brésil nous utiliserons uniquement les fichiers Ugrib.
JLdT nous avons transmis tes salutations à Minariacum, mais quel est le nom de ton bateau sur le ponton 2??

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Le blog du MARGOUILLAT

Le blog du Margouillat est édité par Françoise et Thierry pour leurs familles et leurs amis

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