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Le blog du MARGOUILLAT

Journal de Bord volume 8 : Traversée de l’Atlantique :

 Mindelo – Salvador da Bahia 

 

Mercredi 3 décembre : 8h agitation sur le cat-way, les bateaux du 1er groupe appareillent les uns après les autres sous les ovations des équipages des autres groupes, qui leur souhaitent bon vent. Avec Mathusalem nous décollons à 15h dans le 2ème groupe. Ceux du 3ème groupe partiront le lendemain. Dès la sortie de la baie de Mindelo, nous mettons le cap sur l’ouest dans le canal de San Antao. Ce passage est réputé pour ces vents violents et c’est ici que le dernier record de vitesse de planche à voile aurait été battu. Il y a effectivement une forte brise de force 6 avec des rafales à 7. Bien que déjà sous trinquette nous sommes vite obligé de prendre un ris, puis le 2ème lorsque le vent monte subitement à 7 avec rafales à 8 (le bateau marche à 10 nœuds rafale de 35 nœuds). A la sortie du canal, cap au sud, la nuit arrive vite, le vent molli un peu, mais reste ferme avec F6 à 7, la mer devient forte. La nuit sera difficile, Eliz et Fr sont dispensées de quart. Je prépare le diner, riz et poulet émietté servi sur le cockpit dans un bol avec une cuillère.

Jeudi 4 : la mer est toujours forte, vent F5/6, un ris sur la GV + trinquette, réception du mail de JLdT d’encouragement et de conseil, sandwich et diner avec l’excellent pichade d’Eliz. En mer nous mangeons généralement peu, nous nous rattrapons à terre. Avec la nuit le vent et la mer se calment. Nuit calme avec un ris sur la GC et le génois.

Vendredi 5 : Lors du dernier quart de 5h à 7h30 de Fr. le vent est tombé à F3. Essai infructueux du grand spi (130 m2), car le vent est instable en direction et force, par contre le plus petit (90 m2) tient bien et nous donne 4 à 5 nœuds de vitesse. Nous prenons connaissance de la position de la flotte RIDS par VHT et/ou BLU. Nous suivons pratiquement tous le même cap au 180°. Durant la nuit les poissons volants bondissent de part et d’autre du bateau, 3 atterrissent sur le pont et finiront dans la poêle, ils ont le gout de sardine. Le soir le vent mollit

F3/4 nous décidons de garder le spi pour la nuit. A la fin du 1er quart, il s’enroule sur la trinquette une heure de bagarre pour le ramener, de nuit nous n’avons pas une vigilance et une visibilité suffisante pour le gérer, nous poursuivons sous génois.

Samedi 6 : position à 7h 30, 10°N/25°W soit 420 milles depuis Mindelo. Je passe la main à Fr. La vie à bord au milieu de l’Atlantique est une longue mer tranquille…..enfin, à peu près !

Nous sommes au centre d’un cercle, avec une visibilité de 10 km., tout autour, ce qui n’est pas beaucoup et nous ne voyons aucun bateau autour de nous, et ne les entendons pas non plus, aussi nous nous sentons très isolés du reste du monde et il faut tenir le coup moralement. Des dauphins viennent jouer autour de nous, par paquets de 4 à 5, c’est magnifique, ils sont si gracieux, l’un d’eux saute en l’air à la verticale, on voit son ventre blanc argenté ! Mon premier quart à partir de 5h30 : je suis seule au milieu de l’océan : Orion, la Grande Ourse, et la Polaire sont très nettes, à 6h15 le soleil commence à se lever.

Dimanche 7 : Jour J-10, belle navigation vent force 4, la mer est plate la nuit on apprécie de bien dormir. Eliz fait du point de croix et je continue mon tricot Jacquard.

Lundi 8 : Nous entrons dans la zone intertropicale de convergence (ZIC), zone du pot-au-noir : atmosphère chaude et humide, risque de grains violents alternés de calmes plats (et là on met le berzingue). Luxe à bord, douche pour chacun grâce au désalinisateur. On mange encore des salades de tomates, achetées vertes sur le marché de Mindelo. Eliz et moi avons notre jour de cuisine à tour de rôle. Soirée pleine de bonnes nouvelles : Bilouche admise à son épreuve de formation des maîtres, Th attrape un poisson, non identifié.

Mardi 9 : nuit et journée de moteur, temps lourd et pluvieux. Nous dégustons les filets de poissons préparés à la Tahitienne par JL. Nous sommes en tête de flotte à la grande fierté de notre capitaine. Le moral est bon. Nous sommes dedans, le fameux pot au noir, cela faisait plusieurs jours qu’on suivait sa position et son évolution sur les cartes de météo/vent Ugrib pour essayer de minimiser son passage. Le vent est vraiment nul, la mer plate. A minuit le vent arrive et monte à 15 kts, nous espérons en être sortie. J’ai terminé le 2ème volume de L’Histoire de France pour les nuls. J’attaque un pavé, aventures extraordinaires de Henry de Monfreid. Je n’ai jamais autant lu.

Mercredi 10 : confirmation le vent est toujours là et bien établi, F4/5 longue houle, met calme. Nous étions tellement habitués aux allures portantes, que l’on avait oublié les désagréments de la marche au près, forte gite et accélération du bateau.

Jeudi 11 : réveil avec un bon vent F4, déjà très chaud et humide, ciel équatorial blanc. A 13h nous franchissons l’équateur au 27° 17 W, le champagne était au frais…Le vent et la mer forcissent, nous ferons 180 milles cette journée, mais inconfort maximum avec la gite et les vagues qui tournent l’arrière du bateau, elles viennent du travers. Hourrah un poisson au bout de la ligne qui se défend bien, c’est un tazar de 1 m de long 6 à 7 kg, aussitôt débité en darne et filet.

Vendredi 12 : peu d’heure de sommeil, Fr n’a pas le moral, elle trouve le temps long. Le vent adonne, nous sommes au petit largue, toujours à bonne vitesse 7 à 8 kts. Ciel couvert il pleut. Il y a des similitudes entre le désert et l’océan, mais finalement plus de vie dans le désert, rien pour accrocher le regard, l’horizon semble très proche, on est étonné de voir des oiseaux aussi loin des côtes (800 nm), nous identifions des Puffins, des Fous de Bassan et une Frégate (3m40 d’envergure), nous avons croisé seulement deux bateaux, un vraquier et un pétrolier. La vie est en dessous, mais les manifestations sont rares, troupeaux de dauphins 2 fois, un aileron de requin.

Samedi 13 : pas de pluie mais très nuageux, chaud 31°c et humide 95%. Vent force 4/5, allure petit largue, vitesse 7/8 kts avec le spi, position 5°30S et 31°W. L’océan est finalement plus vivant la nuit, avec les étoiles qui pivotent dans le ciel, chaque soir nous faisons connaissance avec une ou deux nouvelles, la lune aussi varie d’une nuit à l’autre en forme et position, des visites d’oiseaux qui tournent autour du bateau, quelque fois se posent et disparaissent, des bruits d’eaux plus marqués.

Dimanche 14 : le vent est très constant F4/5 sud-est, sous spi le matin puis génois le soir. Peu de manœuvre a part installer et hisser le spi puis l’affaler et néanmoins garder une surveillance permanente, plus des réglages fins, comme bordure et Cunningham de GV. Donc beaucoup de temps pour la lecture et la méditation devant cet océan dont la couleur bleu varie sans cesse. Nous sommes doublés par Marie-Soizick un catamaran de 44 pieds, qui était partie un jour après nous.

Lundi 16 : le vent molli force 4 spi le matin au largue, génois ensuite. Nous sommes à 80 milles de la côte, nous surveillons les bateaux qui longent la côte. Comme tous les soirs nous dinons avec notre Tazar péché le 11, accommodé chaque fois de façon différente, au cour bouillon, à la plancha, à la tahitienne, et même ce soir en croquette. Il semblerait qu’il n’y ait pas dans le Rallye de bateau comme nous avec un vrai dîner et même déjeuner tous les jours, bravo à l’inventivité de nos femmes. La croix du sud est maintenant très visible chaque soir.

Mardi 17 : le vent est plus à l’est, toujours bien régulier F4/5, spi la majeure partie du temps. Nous sentons que la côte approche. Depuis quelques jours les coucher et lever de soleil sont magnifique, et les jours rallongent. Dans la nuit nous apercevons à deux reprises dans deux lieux différents de grandes lueurs rouge-orangées, de quoi s’agit-il, feu de forêt ? usines sidérurgiques ? etaussi des lueurs blanches qui doivent être des villes de la côte. Dernier quart nous arriverons demain.

Mercredi 18 : la côte est enfin en vu, elle est plate et il semble y avoir de grandes dunes de sable blanc. Caramel un super Maramu est sur nos talons, nous mettons le charbon pour maintenir notre position. Vers 12h, heure local en TU-3 maintenant (donc 4h d’écart avec Paris) nous sommes à 8 milles de la côte, et sommes impressionnés par les buildings des environs de Salvador de Bahia, nous passons la point de San Antonio et entrons dans la Baie de tous les Saints, nous signalons notre arrivée par VHF et sommes accueillis sur le ponton par des hourrahs, coup de canon, une superbe bahianaise en costumes avec un super plateau de fruit exotique et un verre de la fameuse capirinha. Il est 15h heure locale nous avons relié l’Afrique à l’Amérique en 13 jours. Le troisième bateau Caramel cité plus haut arrivera à 16h. Nous prendrons l’avion Lundi 22 et serons à Paris le 23 au matin via Lisbonne.

PS. Un grand merci à JLdT pour ses emails que nous avons bien appréciés, pour ses encouragements, conseils et amitiés

« De: Jean Louis de Turckheim [jldeturckheim@wanadoo.fr]
Envoyé: mardi 16 décembre 2008 22:01
À: Thierry et Françoise
Cc: Françoise (Thierry) de Turckheim
Objet: Bravo Mathusalem !

From: "Jean Louis dT

To: <mathusalem@skyfile.com>

Subject: Bon vent à tous les quatre !

Date: Wed, 3 Dec 2008 21:53:28 +0100

Chers Thierry et Françoise,

Petite pensée à Mathusalem en ce premier jour de traversée.

Vous êtes sans doute fins prêts, et je continue à vous envier pour votre périple.

J'ai fait un peu de meteo à l'occasion du passage de la ZIC par le Vendée Globe il y a moins d'une semaine.

Plus ils étaient à l'ouest (27/28°, voire ....29/30°W) plus vite ils sont passés.

Les conditions ( et la minceur relative de la ZIC) semblent n'avoir pas beaucoup évolué depuis.

Bon vent jusqu'à la Metarea V !

 

From: "Jean Louis

Subject: sortie du pot au noir ?

Date: Tue, 9 Dec 2008 12:34:42 +0100

Bonjour et bravo, vous êtes en tête de la flotte avec Callisto qui fait route par 28W.

Vous avez fort bien négocié la ZIC ! Je suis votre route près bâbord grâce à UGRIB ...

Courage, encore une bonne journée et vous devriez retrouver du vent stable avant les alizés jeudi ou vendredi.

Hier avec Delphine, 20 noeuds d'ouest et grand beau dans le golfe de Gênes ! Le pied.

Affectueusement, Jean-Louis

Jean-Louis

 

Bravo à tous pour cette belle traversée !

Il y a 3 choses qui m'ont frappé : la qualité des prévisions de Thierry au Cap Vert ("Nous arriverons le 17/12" !), la régularité quotidienne de votre progression, et les écarts assez faibles à l'arrivée d'une flotte qui est finalement restée incroyablement groupée sur 1700 miles !

J'attends avec impatience votre récit de cette traversée.

Bon repos pour récupérer un peu, et bon séjour dans cette formidable ville de Salvador de B que nous avons tant aimée, Delphine et moi.

Jean-Louis »

 

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Journal de Bord volume 7 : Cap Vert - Sao Vicente & Sao Santao

 

Vendredi 28 : départ pour l’ile de Sao Santao par le ferry de 7h45. Porto Novo est à une heure de ferry, Adelino le conducteur d’aluger (minibus) nous attend avec une pancarte « Thierry ». Nous traversons en allant vers la côte au vent, col à 1500 m, paysage de terre sèche, comme dans toutes ces iles la route est pavée en basalte, vue magnifique sur les iles de Sao Vicente, Sao Nicolau et Santa Luzia. Arrivé au col, le paysage change complètement végétation fournie, arbres, nous prenons une route de crête pour aller au Pico da Cruz, petit village très pauvre, malgré une richesse apparente des cultures, mais, haricot, manguier, papayer. Il semblerait que les paysans ne sont pas propriétaire et ce sont de petits lopins de terre. Route impressionnante très étroite avec des a pics de chaque coté. Nous faisons une partie de la route à pieds, ce qui permet de mieux approcher les Cap Verdiens et de prendre de bonnes photos. Arrêt sur le volcan de forme parfaite Cova do Paul. Ensuite descente vertigineuse sur l’autre côte vers Ribiera Grande, vue grandiose sur les vallées verdoyante, des petites maisons accrochées dans la montagne, des cultures, c’est vraiment bien différent des autres iles. Déjeuner sur la côte à Ponta Do Sol, chez Ba un sénégalais, menu poisson comme toujours, Thon (Atum), Serra, Mérou (Garoupa). Départ pour Paul, route côtière, au nord est de l’ile. C’est la région de la canne à sucre où on fait le meilleur grogue (rhum local) qui sert de base au punche (on y ajoute de la mélasse, sucre de canne), ou on fait de la Caipirinha avec de des maracujas. Visite d’une « trapiche » fabriquant de grogue, très belle maison coloniale, au milieu de la cour des vaches, cochons, volailles autour du pressoir et de l’alambique. Nous repartons dans une vallée très encaissée, route en très mauvais états, piste et pavé, vers Passagem. Vallée de la canne à sucre et en haut du café. Redescente sur la côte, Paul Ribiera et nouvel vallée profonde pour aller dans notre maison d’hôtes, Martine et Norbert Duthoin à Boca de Coruja. Un couple de français retraité très sympathiques et passionnant, établi ici depuis 4 ans. Norbert est un passionné de botanique, il a créé un jardin exotique étonnant. C’est pour nous marin, un luxe fantastique de dormir dans de telles conditions de confort.

Samedi 29 : départ 9h pour la vallée en altitude de Horta Da Garça, paysage grandiose, point de vue à l’infini de la route escarpée, à la limite du carrossable. Le soleil plonge dans ses vallées et donnent aux roches et a la végétation une multitude de couleurs de terre et de verdure. Arrêt dans la maison d’Adelino, sa femme nous fait manger le plat traditionnel la cachupa (ragout de maïs divers haricots, porc et poisson) arrosé de grogue, pas évident à 1àh du matin. Redescente dans une sorte d’oued jusqu’ Cruzina da Garça sur la côte nord ouest. MC malheureusement et mal foutu, grippe ou dingue, elle rentre avec Adelino chez notre logeuse de Ponta do Sol, Luisette. Avec JJ nous partons pour une randonnée de 4h jusqu'à Ponta Do Sol, c’est un chemin en corniche, fait avec les pierres locales, pierre de basalte ou galet, on monte et on descend dans les vallées qui coupent ces falaises.

Dimanche 30 : Retour le lendemain après-midi avec un aluger collectif sur Porto Novo pour prendre le ferry. Nous retrouvons la vie de ponton, les 26 bateaux du rallye sont sur le même ponton, on circule d’un bateau à l’autre, pot et dîner chez les uns chez les autres, vie sociale intense, échange de bons conseils, bonnes pratiques et expériences de navigation, beaucoup d’entraide.

Lundi 1er décembre: réunion d’information pour la traversé, conseil pour la route à suivre pour faire ces 2000 miles sur Salvador de Bahia. La zone intertropicale de convergence (ZIC) se situe entre le 5° et le 8° nord et s’étend sur 100 à 400 miles, elle devrait être plus étroite entre le 26° et 28° ouest, c’est le pot au noir. Dans cette zone instable, avec évolution très rapide, le vent varie en direction et vitesse de 0 à 40 nœuds dans les grains. La recommandation est de couper plein sud la ZIC au 25°W et de reprendre une route SSW dès que l’on touche les alizés du SE. Sur cette route il n’y pratiquement pas de cargos, nous les retrouverons sur les côtes Brésilienne. Les départs sont échelonnés sur 3 groupes, nous partirons dans le 2ème mercredi 3 à 16h. Nous devrions atteindre la baie de tous les Saints vers le 17 décembre.

Mardi 2 : Préparation et nettoyage du bateau, dernier ravitaillement, préparation de plats. Beaucoup d’agitation sur le ponton, discussions techniques et de navigation entre les skippers, on ressent un peu d’angoisse aussi…quelques malades. Nos amis François et Catherine doivent laisser leur bateau à Mindelo, ils prennent l’avion ce matin, problème aux yeux nécessitant une intervention, nous espérons qu’ils pourront nous rejoindre au Brésil.






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